Infoprisons

Dans ce bulletin

Actualités diverses

Sous ce titre, nous présentons quelques brèves informations qui ont retenu notre attention dans les médias, en rapport avec des thèmes déjà abordés dans nos bulletins. Cliquez ici.

Prisons

Dans son rapport annuel remis l’été dernier au Grand Conseil vaudois, la Commission des visiteurs de prisons formule douze recommandations à l’intention du Conseil d’Etat, dont la plupart figuraient déjà dans le rapport 2018. Entre les lignes, on comprend que la Commission déplore la lenteur avec laquelle le Conseil d’Etat donne suite aux remarques et critiques, et surtout l’insuffisance des mesures prises. Tour d’horizon des préoccupations des élus (et des détenus), dont certaines ont déjà été évoquées dans nos bulletins.

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Plus : A.C.Menétrey-Savary ; Infoprisons ; décembre 2019 : Résumé du rapport de la Commission des visiteurs de prisons du Grand Conseil vaudois, ainsi que des réponses du Conseil d’Etat à ses recommandations

Dans les prisons norvégiennes, les surveillants sont des « travailleurs sociaux » avant d’être des gardiens. Les nouveaux établissements pénitentiaires accueillent moins de détenus et sont construite de manière à aménager des espaces de rencontre où se retrouvent gardiens et détenus. On y pratique la « sécurité dynamique », un terme qui a fait son apparition également dans les prisons suisses.

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Plus : www.bastamag + Hesamag ; D. Berlioz; 05.11.19 : Dans les prisons norvégiennes, des surveillants «travailleurs sociaux

Le canton de Berne est appelé à trouver un nouveau site pour construire une prison, en remplacement de celle, vétuste, de Bienne. Une partie de la droite parlementaire y voit une bonne occasion de réaffecter le site du foyer de Prêles à des tâches cantonales. Tour d’horizon des obstacles à ce projet et des autres solutions disponibles tant pour la prison que pour le foyer.

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Plus : David Giauque ; Infoprisons ; novembre 2019 : Pourquoi le foyer de Prêles ne se prête pas à l’accueil d’une prison

Condamné à deux ans de prison, un jeune adulte de 25 ans est enfermé depuis 5 ans dans l’attente d’un placement en milieu éducatif qui ne vient pas. Pour finir, il écope d’une mesure thérapeutique (art. 59 CP) et il se morfond à Curabilis. On cherche toujours un lieu adéquat, mais ça prend du temps.

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Plus : Fati Mansour ; Le Temps ; 30.10.19 : A Genève, le parcours d’un condamné soumis à un placement impossible

Dans une chronique récente, deux femmes de haut niveau : Ruth Dreifuss, ancienne Présidente de la Confédération et Louise Arbour, ancienne Haut-commissaire aux droits de l’homme, constatant la faillite des politiques répressives contre la consommation de drogues, plaident pour la dépénalisation totale de la consommation de drogues. La privation de liberté pour les consommateurs et les petits trafiquants n’a aucune efficacité, ni pour leur santé, ni contre les gros trafiquants.

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Plus : Le Temps ; Opinions ; 03.09.19 ; Ruth Dreifuss, Louise Arbour : Drogues et prisons : la faillite d’une politique

La prison au jour le jour

Kevin, le jeune homme dont nous racontions l’histoire dans notre bulletin 26, [Quand la prison tue l’espoir: le parcours douloureux d’un détenu lourdement condamné] aujourd’hui toujours détenu mais en section ouverte aux EPO, a accepté de répondre par écrit à nos questions. Nous livrons ici son témoignage, entre détresse, résignation et travail sur soi pour se reconstruire.

[Le texte de Kevin est présenté sans retouches ni modifications de la part d’Infoprisons].

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Plus : Kevin, questionné par Bertrand Trachsel et Anne-Catherine Menétrey-Savary, décembre 2019 : La résignation, voilà peut-être le vrai visage de la liberté

Une enquête auprès du personnel pénitentiaire suisse, réalisée entre 2010 et 2012 a montré, de manière surprenante, que leur satisfaction au travail était plus élevée que celle d’autres professions. Nous sommes allés à la rencontre de quelques agents de détention pour recueillir certains aspects de leur vécu professionnel dans cinq établissements pénitentiaires de Suisse romande.

Plus : Karen Klaue ; Infoprisons ; décembre 2019 ; Pour une fois qu’on s’intéresse à nous, la vie en prison vue par les agents de détention

Si la privation de mouvement et d’autonomie des détenus est une réalité visible, celle de la perte de maîtrise du temps l’est moins, mais est intrinsèquement liée aux fondements même de la peine. La prison, en tant qu’organisation sociale, impose un temps qui interdit toute appropriation subjective. Le rythme est imposé et par la peine, le temps devient un « temps à tuer » et dans lequel les détenus doivent s’adapter. Il ne se maîtrise plus, ne devient plus objet de réflexion et se transforme en une « entité malléable » que l’on peut calculer, découper, évaluer. L’incarcération devient l’expérience d’un temps subi et est l’une des caractéristiques des institutions totales telles que décrites par Goffman.

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Plus : Lauriane Constanty ; Infoprisons ; novembre 2019: Le temps de l’incertitude carcérale

Être frappé par la maladie psychique, et devoir vivre cette situation en prison : comment le supporter ? Comment gérer cette double peine ? Comment pouvoir envisager, sinon une guérison, au moins une perspective de réinsertion ? Diagonales, le Magazine romand de la santé mentale s’est attelé à ces questions délicates et brûlantes de la prise en charge thérapeutique en milieu carcéral. Il propose un dossier qui donne la parole à des personnes concernées, thérapeute ou détenu et esquisse des alternatives à la prison. Avec son autorisation, nous reproduisons ici cet important document.

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Plus : Diagonales 132, magazine romand de la santé mentale, édité par le Graap-Fondation, Groupe d’accueil et d’action psychiatrique, (www.graap.ch) : Des mesures thérapeutiques qui génèrent de la souffrance

Cette rubrique plonge le lecteur dans le quotidien de la vie des détenus, de leurs visites, dans les difficultés et les plaisirs rencontrés.

Sortir du silence permettra de faire connaître le milieu carcéral et de mieux comprendre ce que vivent les détenus et leur famille, mais aussi les travailleurs qui franchissent au quotidien le portail de la prison.
Deux sujets pour ce bulletin: l’impossibilité de faire des photos et le coût des appels téléphoniques.

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Plus: I. Gelin, décembre 2019 ; “Les photos manquent aux proches”.

Plus: 20 Minutes, 09.09.19, “Prisonniers excédés par la hausse du prix des appels”

Justice - police

Dans notre bulletin n° 24, de novembre 2018, nous proposions un dossier sur la criminalité économique en rappelant notamment que le code pénal, depuis 2007, contient un article permettant de sanctionner pénalement les personnes morales, c’est-à-dire des entreprises (et pas seulement leurs employés). Nous relevions que cet article 102 était resté jusqu’ici fort peu utilisé, et que s’il l’était, l’affaire se terminait généralement par un arrangement négocié et une décision rendue par ordonnance pénale sans procès. Certes, la condamnation comporte une peine pécuniaire, c’est-à-dire une amende relativement modérée, mais les véritables victimes des agissements de l’entreprise n’en voient pas la couleur. [voir Les juges sont-ils impuissants face à la criminalité économique ?] Les choses ont un peu changé aujourd’hui pour ce qui concerne le nombre de condamnations, mais pas pour les indemnités, qui vont toujours dans les caisses de l’Etat plutôt qu’aux lésés.

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Plus : Anne-Catherine Menétrey-Savary, décembre 2019 : Injustice de la justice ?

Un ancien magistrat français, Serge Portelli, après 45 ans de fonction comme juge, livre ses convictions humanistes dans un livre : Qui suis-je pour juger l’autre ? Présentation de cet ouvrage qui mêle réflexions philosophiques et expériences vécues dans les tribunaux.

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Plus : Michel Deléan, Mediapart.fr. 05.09.19. Comment juger à hauteur d’homme

C’est en 1984, en Angleterre, que pour la première fois le profil ADN trouvé sur le lieu d’une infraction a permis de disculper le suspect et d’identifier le réel auteur du crime. Depuis, l’usage du profil ADN dans les procédures pénales s’est élargi et se propage partout dans le monde. Aujourd’hui, l’analyse ADN dans les enquêtes policières représente un outil incontournable inscrit dans les pratiques usuelles des corps de police.

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Plus : Melody Bozinova ; Infoprisons ; décembre 2019 : Profils ADN dans les enquêtes policières

Face à la menace du terrorisme, les pays occidentaux d’Europe ne cessent d’augmenter leur arsenal sécuritaire de lutte contre ce phénomène qui provoque un énorme sentiment d’insécurité et de vulnérabilité collective. La Suisse ne fait pas exception. Le Conseil fédéral propose via une loi fédérale d’armer les autorités policières de mesures préventives pour lutter contre le terrorisme. Ces mesures comportent des restrictions alarmantes des libertés individuelles et une ingérence conséquente dans la vie privée des citoyens suisses.

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Plus : Melody Bozinova ; Infoprisons ; décembre 2019 : Mesures policières extrêmes contre l’extrémisme violent

Dans un récent arrêt, le TF rejette le recours du Ministère public de la Confédération contre l’acquittement de 12 personnes qui soutenaient l’Organisation de libération des Tigres tamouls (LTTE). Même si elle a commis des actes terroristes, elle ne peut pas être considérée comme une organisation criminelle. Pour cela, il faudrait une nouvelle base légale. Précisément celle que le Parlement est en train d’élaborer.

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Plus : Le Temps, 04.12.19. Pascal de Preux, Daniel Trajilovic : Organisation criminelle : le TF limite le champ d’application de cette norme

L’information autour des faits de société, de la criminalité, de la justice et du risque est devenue ces dernières années de plus en plus éloignée des réalités. Cette manière de communiquer poursuit des buts politiques. Ils sont avant tout xénophobes, nationalistes et alarmistes. Le nombre de journaux aux lignes rédactionnelles populistes a nettement augmenté, contribuant à la désinformation du citoyen.

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Plus : Michel Finazzi ; Infoprisons ; décembre 2019 : Les médias aujourd’hui : Info ou intox ?